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Innovation sociale

Expertise transversale des activités du CERESO, l’innovation sociale est définie de multiples façons par la littérature scientifique. Pour certains, elle est considérée comme une dimension de l’innovation; pour d’autres, comme une discipline à part entière, pourtant, bon nombre de définitions se rejoignent sur plusieurs caractéristiques. Les pratiques du Cereso s’inspirent particulièrement des deux définitions suivantes : 

  

Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES), Canada 

  

Nouveaux arrangements sociaux, organisationnels ou institutionnels ou encore nouveaux produits ou services ayant une finalité sociale explicite résultant, de manière volontaire ou non, d’une action initiée par un individu ou un groupe d’individus pour répondre à une aspiration, subvenir à un besoin, apporter une solution à un problème ou profiter d’une opportunité d’action afin de modifier des relations sociales, de transformer un cadre d’action ou de proposer de nouvelles orientations culturelles. En trouvant preneur, les innovations sociales ainsi amorcées peuvent conduire à des transformations sociales. 

  

Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (CSESS), France  

  

L’innovation sociale consiste à élaborer des réponses nouvelles à des besoins sociaux nouveaux ou mal satisfaits dans les conditions actuelles du marché et des politiques sociales, en impliquant la participation et la coopération des acteurs concernés, notamment des utilisateurs et usagers. Ces innovations concernent aussi bien le produit ou service, que le mode d’organisation, de distribution, (…). Elles passent par un processus en plusieurs démarches : émergence, expérimentation, diffusion, évaluation. 

  

Les innovations sociales englobent alors une multitude d’initiatives nouvelles visant une finalité sociale. Celles-ci peuvent prendre différentes formes, mobiliser une diversité d’acteurs et répondre à des besoins variés. Elles ont un potentiel transformateur pour les personnes et la société.    

 

Apprentissage expérientiel


Dans un monde du travail en constante mutation, il est primordial que les étudiants et leurs enseignants restent en lien avec la réalité des secteurs d’activité dans lesquels ils évolueront. Par ailleurs, les enjeux environnementaux, sociaux, culturels auxquels est confrontée la génération Z sont complexes et ne se feront que plus urgents. Au Cégep régional de Lanaudière à L’Assomption, plusieurs enseignants au sein de différents départements ont déjà identifié ces défis et développent des projets pédagogiques en lien avec le milieu. Tous sont développés dans une approche d’apprentissage expérientiel et participent à l’amélioration de la formation collégiale. L’apprentissage expérientiel est un modèle d’apprentissage préconisant la participation à des activités se situant dans des contextes les plus rapprochés possibles des connaissances à acquérir, des habiletés à développer et des attitudes à former ou à changer. (Legendre, 2007). 


Le CERESO offre un soutien aux enseignants qui veulent créer des liens avec les acteurs de la communauté par l’entreprise d’un service qui prend la forme du Pivot Collège communauté. Le CERESO prend en charge la coordination de ces liens et la mise en réseau de ces initiatives. Ce faisant, le Centre souhaite outiller les enseignants et les acteurs du milieu pour leur permettre d’augmenter leur capacité d’action.


Il est tout indiqué que le CERESO prenne ce rôle de pivot, car il est en lien permanent avec les acteurs de la communauté, qu’ils soient issus des réseaux de l’économie sociale, du développement économique ou des gouvernements locaux. En particulier dans le domaine de l’économie sociale et de l’action communautaire, les organisations expriment le besoin de travailler de plus près avec les milieux de l’enseignement supérieur. Elles poursuivent deux objectifs, d’abord former une relève qualifiée pour bâtir un bassin de main-d’œuvre qualifiée et répondre à des besoins d’expertise spécifiques ponctuels. Par ailleurs, les gouvernements locaux tendent de plus à plus à établir des partenariats avec les institutions académiques locales dans le but de co-créer des solutions durables pour les villes, avec la collaboration des étudiants, des gouvernements et autres parties prenantes.

 
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Économie sociale

Considérée par certains comme le tiers secteur, l’économie sociale regroupe actuellement plus de 11 200 entreprises à l’échelle de la province. Ces dernières œuvrent dans une grande variété de secteurs d’activités, cumulant un chiffre d’affaires de 47,8 milliards et employant près de 220 000 personnes (Chantier de l’économie sociale, 2020). La loi sur l’économie sociale présente la définition suivante :   

  

« On entend par « économie sociale », l’ensemble des activités économiques à finalité sociale réalisées dans le cadre des entreprises dont les activités consistent notamment en la vente ou l’échange de biens ou de services et qui sont exploitées conformément aux principes suivants : 

  

  1. l’entreprise a pour but de répondre aux besoins de ses membres ou de la collectivité 

  2. l’entreprise n’est pas sous le contrôle décisionnel d’un ou de plusieurs organismes publics au sens de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels (chapitre A-2.1) 

  3. les règles applicables à l’entreprise prévoient une gouvernance démocratique par les membres 

  4. l’entreprise aspire à une viabilité économique 

  5. les règles applicables à l’entreprise interdisent la distribution des surplus générés par ses activités ou prévoient une distribution de ceux-ci aux membres au prorata des opérations effectuées entre chacun d’eux et l’entreprise 

  6. les règles applicables à la personne morale qui exploite l’entreprise prévoient qu’en cas de dissolution, le reliquat de ses biens doit être dévolu à une autre personne morale partageant des objectifs semblables » (Legis Québec)  

  

Les entreprises d’économie sociale sont principalement des organisations à but non lucratif ayant une activité marchande et des coopératives. Elles se distinguent de l’entreprise traditionnelle (à but lucratif) et de l’organisation gouvernementale dite publique (exemples : ministères, sociétés d’État).  

  

Le Cereso travaille tous les jours en proximité avec les entreprises d’économie sociale qu’elle accompagne. Son incubateur, l’Espace 412, et ses services d’accompagnement visent particulièrement ce type d’entreprise.   

 
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Inclusion sociale et numérique

Malgré la présence de nombreuses définitions dans la littérature, l’inclusion sociale peut être définie comme un processus multidimensionnel (Oxobory, 2009) ayant pour visée d’assurer la participation sociale, culturelle et civique des individus et des groupes sociaux. Elle intègre plusieurs théories et concepts clés provenant de différentes disciplines, notamment de la sociologie et de la psychologie.  


Le Centre s’intéresse aux initiatives et aux stratégies favorisant l’inclusion sociale des personnes et des groupes sociaux, particulièrement celles et ceux vivant en situation de vulnérabilité. En réponse à différentes situations d’exclusion et d’oppression se perpétrant dans la société, ces initiatives souhaitent tendre vers une plus grande justice sociale, égalité et de collectivisme (Allman, 2012). Ces initiatives se caractérisent régulièrement comme des innovations sociales et peuvent être présentes dans les différentes sphères de la société.


Par la mise en lumière d’inégalités sociales relatives à l’usage et à l’accès aux outils numériques depuis le contexte pandémique de 2020, le Centre a eu l’occasion de travailler particulièrement la question de l’inclusion numérique, aussi abordée sous la terminologie de « digital inclusion » dans la littérature scientifique. L’inclusion numérique y est tout simplement considérée comme une forme d’inclusion sociale des personnes vivant dans une société où le numérique joue un rôle essentiel. (Bouquet et Jaeger, 2015). L’inclusion numérique s’intéresse alors à différents concepts telles les questions d’accessibilité aux outils, de définitions et de méthodes d’acquisition des compétences numériques, de la littératie numérique, etc.


En collaboration avec des acteurs du terrain, les entreprises d’insertion, le CERESO œuvre actuellement au développement et à l’évaluation de formations visant l’acquisition de compétences numériques précisément créées pour des clientèles vivant en situation de vulnérabilité. Ces expérimentations, se déroulant dans deux contextes bien différents, soit ceux de Montréal et de Dolbeau-Mistassini, permettent d’obtenir une lecture plus fine des réalités et ainsi adapter les connaissances coconstruites dans ce cadre. L’expertise du CERESO en la matière a également permis la création d’un outil d’évaluation des compétences numériques unique au Québec, conçu pour répondre aux besoins des ressources en employabilité tout en évitant de mettre la clientèle en contexte d’échec. Cet outil numérique, toujours à l’essai au sein des organisations partenaires, se nomme NUM+.